mardi 15 mai 2007

L'incroyable appel

Hier soir, sur le coup des 21h, ma mère m’a appelée.

Quand j’ai décroché et que je l’ai reconnue, j’ai éprouvé une immense surprise et aussi, je crois, du soulagement. Mais pas de peur, ni de colère, ni de tristesse. Au contraire, j’ai été contente qu’elle m’appelle.

Elle m’a dit qu’elle avait reçu ma lettre.

Elle m’a dit qu’elle a reconnu mon écriture sur l’enveloppe, qu’elle a eu peur que je lui écrive pour lui parler d’un drame et que du coup, elle l’a lue d’une traite.

D’un côté, ça m’a fait plaisir qu’elle me dise qu’elle était contente que je lui aie écrit, qu’elle comprenait ma démarche, que c’était mon corps et que c’était important que je leur en parle, de cette opération. Ca m’a touchée qu’elle regrette que je ne lui en aie pas parlé avant et qu'elle se désole de ne pas pouvoir être là demain avec moi. Ses questions sur le déroulement de l’opération et sur les consultations avec le chirurgien et l’anesthésiste m’ont fait du bien. J’ai aimé quand elle m’a demandé le numéro de la clinique et qu’elle m’a dit qu’elle m’appellerait là-bas demain soir. Ca m’a fait doux au cœur quand elle m’a dit qu’elle penserait à moi.

Mais il y a eu cette autre partie de la conversation. Cette partie où elle m’a confié une autre version de ce qui est arrivé. Ces minutes où elle m’a dit qu’elle n’est pour rien dans notre excision à ma sœur et à moi, que c’est ma grand-mère paternelle qui a tout manigancé en secret, en l’absence de mon père, parti à Dakar (et non pas chercher ma cousine comme celle-ci me l’avait dit).

Elle m’a dit que, ce matin-là, quand elle est venue nous chercher dans la case de ma grand-mère où nous dormions, ma sœur et moi, elle ne nous a pas trouvées, qu’elle a demandé à ma grand-mère où nous étions et que celle-ci lui a répondu qu’elle nous avait envoyées chez l’exciseuse.

Elle m’a dit que ce n’était pas des choses qu’on faisait dans son village à elle, que sa mère à elle n’aurait jamais fait une chose aussi abominable.

Ma mère m’a dit que mon père ne l’avait jamais crue, qu’il a toujours été persuadé qu’elle avait participé à cette ignominie et que cette année-là et bien après, elle en avait beaucoup souffert.

Sur le coup, je ne l’ai pas crue.

Je n’ai rien dit mais j’ai pensé qu’elle me mentait, qu’elle n’était pas innocente. Je ne sais pas, en me parlant, elle ne pleurait pas, il n’y avait pas vraiment d’émotion dans sa voix. Et puis, surtout, elle n’a pas parlé de moi. Elle n’a pas dit ce que ça lui avait fait de savoir qu’on avait été envoyées à l’abattoir. Elle ne m’a pas parlé de quand elle m’a revue après ça. Elle ne m'a pas dit sa peine qu'on m'ait excisée. J’ai trouvé ça bizarre. J’avais beau l’écouter, je n’éprouvais rien. En fait, ça me faisait comme si elle était comme étrangère à mon excision, juste accusée à tort d'y avoir participé. C’était très étrange. J'avais l'impression que le drame, pour elle, c'était d'avoir été accusée à tort et non pas le fait que nous ayons été excisées, ma soeur et moi.

Ce matin, à froid… eh bien je ne sais plus que croire. Si ça se trouve elle m’a dit la vérité. Elle m’a dit, hier soir, que j’étais comme elle, que j’avais cette pudeur qui m’empêchait d’exprimer mes émotions (c’était confondant, mon père m’avait dit la même chose en substance, il y a quelques années, mais en me trouvant une ressemblance avec lui). Si ça se trouve, hier soir, ses émotions ne transparaissaient pas dans son discours parce qu’elle était trop habituée à ne pas les dire? Et puis pourquoi me mentirait-elle au juste? Rien que l'idée me donne mal au ventre.

Honnêtement, je ne sais pas quoi penser, là, je suis focalisée sur mon entrée à la clinique tout à l’heure alors je crois que je vais mettre ça de côté pour le moment.

Hier soir, elle m’a dit qu’elle avait appelé mon père, qui est en déplacement jusqu’à mercredi soir, pour le prévenir que lui aussi avait reçu une lettre, sans doute la même.

Je ne sais pas si elle lui a fait part de la teneur de la lettre, mais il lui a dit qu’il m’appellerait à son retour, après l’avoir lue.

J'ai bien envie d'entendre sa version de l'histoire, j'espère qu'il m'en parlera....




43 commentaires:

rosalie a dit…

Petit papillon, je ne te connais pas, mais ce soir et demain, je penserai à toi et je t'enverrai plein d'ondes positives depuis le sud de la France.

Caro B. a dit…

Ho, Papillon, c'est formidable. Elle a lu ta lettre, elle sait, elle t'a appelé, et sera avec toi pour la suite de ton parcours...

Elle a commencé par te raconter sa souffrance à elle, et je comprends ta déception parce que tu aurais tant préféré qu'elle te parle de la tienne, de souffrance. Parce que tu es au coeur de ton histoire, en plein dedans, la dernière ligne droite après ce long travail sur toi.

Laisse vous du temps. Sa culpabilité est toujours à vif, elle n'a jamais osé t'en parler et vient d'un coup de se retrouver en face, sans s'y attendre.

Après ton opération, tu pourras enfin boucler la boucle. Ton corps sera réparé et tu apprendras petit à petit ton histoire, celle que tu veux savoir. Tu t'es offert la possibilté de poser toutes ces questions...

Je penserai moi aussi à toi ce soir et demain, que ta "dernière" journée soit belle!

Et pour la peine, je t'embrasse!

Mlle Crapaud a dit…

Je commence à mobiliser toutes mes ondes positives pour penser à toi !! Mais je ne crois pas que tu en auras besoin, tu as déjà toute la force nécessaire, et ça se passera bien.
Pour ta mère, c'est génial, au moins elle sera avec toi comme l'a dit caro b., et c'est réjouissant. Mais tu n'attendais pas énormément de ta mère, c'est surtout la réaction de ton père que tu appréhendais. A voir comment ta mère a réagi, je ne doute pas que ton père réagira encore mieux, ne t'en fais pas !! ;-)
Je comprends que tu sois un peu "surprise" par la version de ta mère... Si tu en as le courage, tu pourras demander à ton père... Ou poser à ta mère les questions qui te sont en suspens. Enfin, j'imagine que ça doit être assez difficile...
Bisous

Nono & Thomas a dit…

Coucou papillon !
J'espère qut tu n'es pas trop angoissée à la veille de ce grand jour. Essaie surtout de te détendre, ne te prends pas la tête avec ce coup de fil, tu auras tout le temps d'en parler après ton opération.
Je pense qu'il serait bien qu'après cela vous fassiez une réunion de famille avec ta mère, ton père, ta cousine et pourquoi même ta soeur. Au moins comme ça vous pourrez discuter clairement et mettre les choses à plat.
Sinon concernant ta mère, tu sais, telle que l'as décrit elle a l'air plutôt réservée et du genre à garder ses émotions pour elle. Je me dis qu'il n'y a pas de raison qu'elle t'ait menti. Je pense qu'elle doit également souffrir de cette situation.
En tout cas ne te prends pas la tête, ça va aller, même si c'est vrai que c'est difficile de ne pas y pense. Après l'opération, tu auras le temps de reconstruire ta relation avec ta maman. Vous avez beaucoup de choses à vous dire je suppose. En plus je sais que les mères africaines, notamment la mienne, sont plutôt réservées. Mais il suffit juste des fois de crever l'abcès. Ne t'inquiète pas.
Je t'embrasse très fort et je ferai une petite prière pour toi.
Nono

Cornélie a dit…

Merci Papillon pour ce témoignage si fort!
Nous sommes vraiment fières de toi! ;-)
Tu redonnes espoir à des milliers de femmes victimes dans l'enfance d'abus ou de violence causés par la main dun proche...
Je serais avec toi en pensées et en prières pour les heures et les jours à venir,

Bien affectueusement,

Laety... a dit…

papillon, je pense que ta mère a souffert en silence elle aussi, qu'elle souffre d'avoir été accusée par ton père (et par d'autres), qu'elle a souffert pour toi, pour ta soeur, pour ce qu'elle n'aurait pas voulu qu'il vous arrive. Peut etre a-t-elle aussi souffert de la faute que vous lui avez fait porter, alors qu'à ce qu'elle en dit elle n'est pas responsable...
Après ton opération (ou avant si tu le sens) ne laisses pas les choses en suspens, appelles ta maman et poses lui les questions que cette conversation téléphonique a éveillées en toi. Peut-etre meme sera-t-il plus facile pour elle de parler en l'absence de ton papa. Car votre relation est malheureusement basée sur des non-dits, des suppositions, des reconstructions de ce qui c'est passé, sur des témoignages qui font mal à tous les membres de ta famille.
En tout cas, tu as bien fait de les prévenir de ton opération, je pense que vos liens affectifs vont se resserrer. Et tant que tu ne connaitras pas la vérité sur qui a décidé de ton excision, ne fais porter la faute à personne, de ce que j'ai pu lire en parcourant ton blog, ni ton papa ni ta maman ne voulait te faire subir ce que tu as subit.
Courage!
Demain est un GRAND jour.
Tout plein de bisous,
Laety...

Hélène a dit…

Oui mais demain est un grand jour... Un grand sac plein de belles choses pour cette journée. Je penserai bien à toi. Et à ton réveil tu seras Toi.
Tu nous laisse voir tant de douceur chez toi. Continue.
Allez Bizzzzzzzzzz

Moïra a dit…

Bonjour Papillon,
je suis arrivé par le blog d'Hélène, et je te lis depuis. Je te trouve extrêmement courageuse de faire ce chemin, d'en parler de manière si sincère, et d'avoir réussi à écrire cette lettre à tes parents. Tu peux j'imagine au moins être en paix avec toi-même, c'est beaucoup !

J'aurai une pensée particulière pour toi demain et les jours qui suivent, courage et continue !
Je t'embrasse,
Moïra

Emelire a dit…

Je ne sais que dire, si ce n'est que je pense à toi, ainsi qu'aux autres filles et femmes dans ta situation. J'admire ton courage !

christine a dit…

Plein, plein de bonnes choses pour demain, petit papillon, on est tellement nombreux à penser à toi avec toute notre affection que toutes ces ondes positives vont te porter toute la journée :o)
De grosses bises !

Kozlika a dit…

Tout plein de pensées pour toi en cette veille du Grand Jour ! Mes pensées t'accompagneront :)

Lys Blanc a dit…

Je ne te connais ps, et j'avoue ne pas avoir lu entièrement ton blog.
Mais je te fais quand même un gros bizou, et je te souhaite bonne chance pour ton opération demain...
(Moi demain j'ai un examen oral... Maintenant je me rends compte que c'est bien peu de chose par rapport à ce que tu vas vivre...)

Je reviendrai prendre de tes nouvelles...

Plume a dit…

Même chose que Rosalie et même message vu que j'habite aussi dans le Sud. Je trouve que tu a un courage immense et une envie de vivre admirable.
Je t'embrasse, pour demain :)

Nephtys a dit…

Wouah ! Je trouve que la narration est superbe, douce et structurée, agréable à lire. Et juste... Bon courage pour l'opération :)

Camille a dit…

J'ai été énormément touchée en lisant ton blog, j'en ai même pleuré, et en écrivant ce commentaire j'ai une boule qui me noue la gorge et qui m'empêche de respirer.
J'ai eu une amie qui s'est fait exciser, ça a été fait à la barbare, elle habitait en banlieue parisienne et elle avait 14 ans. Sauf qu'elle ne s'en est pas sortie, elle a fait une dépression et est morte parce qu'elle ne se nourissait plus du tout depuis des mois.
Toi tu as décidé de lutter et c'est formidable, je te respecte du fond du coeur et demain, je penserais à toi et te soutiendrais moralement un maximum!
Bon courage petit papillon, courage.
Bisous

gearalda a dit…

Peut-être qu'elle s'est aussi barricadée intérieurement, pour résister au traumatisme et à la culpabilité de retrouver ses filles mutilées après s'être absentée...
Et maintenant, elle a bien du mal à sortir de cette coque de béton, pour entendre ta souffrance comme tu souhaiterais qu'elle soit entendue.
Parce qu'elle a dû lutter toute ces années contre la sienne sans la résoudre...
Tu sais, quand on parle enfin, on est parfois déçu de la réaction de l'autre : on la souhaiterait plus vive, plus engagée, plus "telle qu'on l'aurait rêvée", plus "tout va enfin changer!"....
Mais l'autre fait ce qu'il peut...
C'est déjà énorme qu'elle regrette ne pouvoir être avec toi, qu'elle t'approuve... Il y a des gens qui n'ont pas cette chance.

anita a dit…

Une pensée pour toi, avec toi, pour ce qui se passe en toi.
Le plus important, c'est que ta mère ait accepté que quelque chose se modifie aussi dans cette relation faite de silence. Vers quoi, nul ne peut le dire, pas plus qu'on ne peut dire où t'emmenera ce clitoris...
Mais, le jeu en vaut de toute façon la chandelle.
Des bises

Anonyme a dit…

Bonjour Papillon,

ton temoignage est arrivé jusqu'au Canada. Il me touche beaucoup, tu as enormement de courage.

Beaucoup de bonnes choses pour demain et bonne nuit(decalage horaire oblige)

Anonyme a dit…

Je te souhaite un beau chemin. Tu as beaucoup de courage.

Pour ta mère; il me semble que pour réfléchir sur les choses qui nous font souffrir il est nécessaire de prendre de la distance, sinon on ne réfléchit pas, on souffre. Et puis, je sais qu'il est décevant pour un enfant de voir ses parents se comporter en "mauvais" parents quand ils ne font pas ce qu'on attend d'eux. Mais ce sont aussi des humains.

J'espère que vous trouverez la paix.

Tagada.

Coucoune a dit…

Bonsoir Papillon,

Je te souhaite beaucoup de courage pour demain...tu arrives enfin au bout de ta longue démarche pour retrouver ton corps.
Je reviendrai prendre de tes nouvelles.
Pour moi ce sera le 06 juin inch Allah et j'ai hate d'y être.

lalita a dit…

Bonsoir jolie papillon !
J'ai à peine eu le temps de te lire, mais je le ferai plus calmement dès que possible.
Je voulais seulement te faire un petit coucou, un petit bisou et te dire que je pense très fort à toi. Je serai avec toi par la pensée demain.
Mille bisous

Tiny du Québec a dit…

Je ne te connais pas, mais je vais penser à toi très fort demain.
Tout va bien se dérouler demain, j'en suis convaincue

Valérie de Haute Savoie a dit…

16 mai 2007 !
Je pense à toi et te souhaite un beau réveil toute neuve :D

Nounsse a dit…

Toutes mes pensées positives t'accompagnent pour ce grand jour, (oserais-je dire "cette nouvelle naissance" ?).
Grosses bises

Coucoune a dit…

Bonjour Papillon,

On est mercredi 16 mai, il est 9 h28. Je ne sais pas si c'est déjà fait mais j'ai beaucoup pensé à toi cette nuit et ce matin ....j'espère que tout se passe bien. C'est comme si je vivais en avant première ma propre réparation.Ton courage me conforte dans mon choix.
Bon courage à toi.

Laety... a dit…

le 16 Mai, 11h27
Je pense très fort à toi petit papillon.
Laety...

lalita a dit…

Bonjour papillon !
Le soleil brille, comme les années qui s'annoncent !
Je suis avec toi ! bises.

lili a dit…

je pense à toi
je te souhaite le meilleur et la paix intérieure
grosses bises

Mlle Crapaud a dit…

Je pense à toi depuis ce matin :)

sourisdansroquefort a dit…

Bonjour Papillon,
Tu dois etre "reparee" et reveillee maintenant! Je te souhaite un bon retablissement apres ton operation, et je me rejouis que tu aies pu parler avec ta mere auparavant.

Meri a dit…

J'espère que ça c'est bien passé !! Et puis, on attend ton retour avec impatience !!

Bises !

Coco a dit…

A cette heure-ci, ce doit être fini ! Tu es une nouvelle femme !J'espère que ça s'est bien passé ! Bisous !

Anonyme a dit…

Bon courage, bonne chance, j'ignore comment formuler cela.

lalita a dit…

Petite pensée ! On attend de tes nouvelles avec impatience !
Bises.

Maria a dit…

Aujourd'hui c'est le jour après l'opération. J'espère que tu vas bien et sans douleur. J'espère que tu guériras rapidement et seras entière de nouveau. Que Dieu te bénisse!

lalita a dit…

Voilà, j'ai fini de tout lire ! Je suis très touchée, les larmes au bord des yeux !
Quel courage d'avoir écrit cette lettre !
Quelle chance de pouvoir en parler parce que vous allez en parler, ta mère et toi, ton père et toi ! Et peut-être plus !
C'est vrai que c'est important de pouvoir s'expliquer quand on le peut !
Moi je sais que je ne pourrai jamais car il n'y a pas de reconstruction possible, pas de pardon possible ! En parler ? Je n'y pense même pas !
Enfin, je ne suis pas là pour être triste (d'ailleurs je ne suis pas triste !)
Tu dois être chez toi, tranquille avec ton chéri ! J'espère que tu ne souffres pas !
Repose-toi bien et prend des forces avant de vivre cette nouvelle vie à fond !
Je t'embrasse très fort.

papillon a dit…

Merci mille fois. Je vous remercie de vos messages, vous, les « habituées », comme vous, nouveaux et nouvelles venus ici.

Merci pour vos pensées ensoleillées Rosalie et Plume. Merci à vous aussi, Lili, SourisdansRoquefort (il est rigolo ce pseudo), Cornélie, Meri, Coco, Emelire, Kozlika, Christine, Tiny du Québec et pour ces mots anonymes du Canada…

Hélène, il y avait pléthore de belles choses dans le sac :-)

Anita, tu as raison, au-delà de la question de la véracité des propos de ma mère, il y a le fait qu’elle m’ait appelée. Elle ne s’est pas fermée, elle a fait le geste de m’appeler. Et je trouve ça exceptionnel, déjà.

Caro b., par ce coup de fil, une porte s’est ouverte entre ma mère et moi, c’est vrai. Il va falloir du temps pour qu’on l’ouvre tout à fait. Et je ne vais pas me précipiter. Je voudrais profiter de ce nouveau pont entre ma mère et moi, prendre mon temps et m’y promener.

J’ai besoin de savoir ce qui s’est passé, en détails. Alors, c’est sûr, je vais en discuter à nouveau avec ma mère, Mlle Crapaud et Laety. Ce n’est pas la difficulté qui va m’arrêter. Mais je vais attendre un peu. Que le pont se consolide et que j’aille physiquement mieux. Je voudrais lui en parler en personne, la prochaine fois.

Nono, une réunion de famille, ça va être compliqué actuellement. La lettre a débloqué quelque chose, c’est sûr, mais je ne sais pas encore quoi et à quel point. J’ai eu des contacts avec mon père depuis, et clairement, il n’a pas l’intention de m’en parler tout de suite.

Geralda, tu es dans le vrai. Personne ne peut changer en très peu de temps. Mais elle m’a appelée plusieurs fois depuis. Et je commence à la croire. On va peut-être sortir des tabous, du silence et des non-dits. On va peut-être entrer dans la lumière.

En tout cas, comme tu le devines bien, Moïra, je me sens apaisée depuis que j’ai écrit cette lettre. Et en y réfléchissant, je crois que ce qui est courageux, ce n’est pas d’écrire la lettre (je pense à ton commentaire, Lalita), c’est plutôt de ne pas s’enfuir après, de rester là.

papillon a dit…

Tagada, ce qui fait souffrir, je trouve, c’est de voir ses parents descendre de ce piédestal sur lequel on passe son enfance et son énergie à vouloir les maintenir. Ce qui est difficile, c’est de se rendre compte que finalement, ils ne sont que des humains comme les autres.

Coucoune, tes commentaires ici me font vraiment plaisir. A 9h28, j’étais dans ma chambre, j’allais la quitter dix minutes plus tard pour aller en salle d’opération. Merci pour tes messages et vivement le 6 Juin !!

Nounsse, ose donc :-) Après tout, cette opération est un événement aussi important et aussi miraculeux qu’une naissance. Je ne me sens pas vraiment neuve depuis, Valérie de Haute Savoie, mais je me sens différente, c’est sûr.

Maria, j’ai quand même un peu mal, là, mais ça va de mieux en mieux.

Je suis effectivement avec mon chéri, Lalita. Il est aux petits soins, c’est un garde malade parfait. J’en ai les larmes aux yeux parfois…

Camille, je suis désolée, sincèrement et profondément désolée et triste pour ton amie. Je suis honorée de ton soutien. Je t’embrasse très fort.

Nephtys, je sens que je vais gazouiller de contentement pendant des heures. J’adooooore les compliments sur mon écriture.

Lys blanc, merci et à bientôt peut-être. J’espère que ton oral s’est bien passé (parce que bon, c’est important aussi, quand même)

Chloé a dit…

Hello Papillon ! Je n'ai pas le temps de lire ce que tout le monde t'a dit, mais si je puis me permettre de donner mon avis, le fait que ta mère ait plus insisté sur sa peine face à l'injustice de l'accusation que sur l'horreur de votre excision me paraît être un signe de son honnêteté. Elle s'est peut-être dit que c'était irréversible et elle a justement peut-être toujours eu peur que vous lui en vouliez ta soeur et toi. Maintenant que tu as fait le chemin inverse, elle peut en parler avec toi...

Claude a dit…

Papillon, j'ai pensé à toi pendant que j'étais dans le sud-ouest. Je comprends que les réactions de ta mère ne soient pas tout à fait ce que tu attendais, mais je trouve formidable qu'elle t'ait téléphoné. Comme le dit caro b. maintenant, c'est du temps qu'il vous faut. La communication est amorcée et je suis sûre qu'elle continuera.
Je lis la suite...

papillon a dit…

Chloe, plus ça va, plus je la crois, tu sais? Parce que justement, elle fait la démarche de m'appeler, elle s'intéresse à ce qui m'arrive, elle n'esquive pas. Et ça, je suis bien d'accord avec toi Claude: c'est formidable.

Anonyme a dit…

MERCI PAPILLION!
JE ME SENS FORTE POUR ENTREPRENDRE TOUTES LES DEMARCHES NECESSAIRES POUR ME FAIRE OPERE AUSSI. J'AI FINI DE FAIRE MES ENFANTS MAIS VEUX VEUX MIEUX VIVRE MA SEXUALITE MEME S'IL ME RESTE TRES PEU DE TEMPS A VIVRE. JE VEUX CONNAITRE CES SENSATIONS QUE MON MARI NE CESSE DE VENTER POUR JUSTIFIER SON INFIDELITE.
ENCORE UNE FOIS MERCI!

papillon a dit…

Bonsoir chère Anonyme!
Si j'ai pu contribuer à ta décision de te faire opérer, j'en suis enchantée. J'espère que tu t'épanouiras enfin et je te souhaite un excellent chemin.