lundi 12 mars 2007

Ma mère au téléphone

Depuis la consultation, je n’avais pas envie de parler à mes parents. Je n’arrive pas à analyser mes sentiments mais je ne voulais pas leur parler. Pendant deux semaines, je les ai évités. Mon père m’a appelée au travail mais j’ai écourté la conversation. En fait, ça me faisait bizarre de dire « je vais bien…. Non, pas grand-chose de neuf…Et toi ? » alors que je vis des bouleversements importants en ce moment. Pourtant, je n’ai pas envie de leur parler de mon opération, de me confier à eux. Mais je n’ai pas non plus envie de leur mentir. Dilemme. Hier après-midi, j’ai appelé ma mère. Il fallait qu'on parle d'un déjeuner de famille qui va avoir lieu dans 2 semaines. Et j’ai trouvé la conversation agréable. En fait, je me suis sentie à une autre position, comme si j’étais son égale quelque part et non plus sa petite fille. Je me suis sentie adulte et je n’ai pas menti. Je n’ai pas parlé de mon opération mais je n’ai pas non plus prétendu qu’il ne se passait rien dans ma vie. J'ai eu la curieuse impression de pouvoir parler librement, sans marcher sur des oeufs. Et parler de choses légères ("mais n'y aura t'il pas trop à manger?") m'a fait du bien.
Ce qui est curieux, c’est que j’ai le sentiment que c’est de mon père que je suis le plus éloignée en ce moment. Je crois que mes sentiments en ce qui le concerne sont trop confus encore.
On verra bien ce que ça me fera de les voir tous les deux dans deux semaines.

2 commentaires:

claude a dit…

D'une certaine façon, en faisant la démarche d'aller chez le chirurgien, tu t'es prise en charge, tu n'as pas eu besoin de leur accord ou de leur aval. Du coup, peut-être que ça te libère par rapport à eux. Tu n'as plus à chercher leur approbation.

papillon a dit…

oui Claude, je crois que c'est exactement ça. Et en plus, je n'ai pas la sensation de commettre une faute ou de me rendre coupable de quelque chose par rapport à eux. C'est nouveau pour moi ça. Et ça a un petit goût de liberté qui me plaît beaucoup. Mon fardeau s'allège, on dirait.