lundi 25 juin 2007

Mes amies les jupes

Hier soir, j’ai réalisé quelque chose d’insensé.


En 40 jours, je n’ai pas porté de pantalons. Enfin, si je ne compte pas le bas de pyjama large avec lequel j’ai passé un ou deux dimanche, je n’ai porté AUCUN pantalon en 40 jours.

Je n’ai porté que des jupes pendant plus d’un mois. Tous les jours ! N’est-ce pas complètement fou ça ?

Ca ne m’était pas arrivé depuis tellement longtemps que je ne me souviens pas de mon précédent record. C’est dire à quel point ce qui m’arrive est révolutionnaire.


Et en plus, je me sens normale.


Bien évidemment, pour l’adepte inconditionnelle du pantalon que je suis, les choses ne sont pas déroulées sans douleur.


Au début de ma convalescence, c’était simple, je n’étais que douleur et souffrances. L’extrême sensibilité de ma zone génitale me rendait méfiante envers tous les habits moulants de ma garde-robe et encore plus les pantalons. Je ne voyais que mon confort et mon bien-être n’était possible qu’en jupe. Déjà que j’avais mal, je n’allais pas en rajouter en me saucissonnant dans un pantalon.


Ca a duré le temps de mon arrêt de travail. J’étais chez moi, mes jambes nues me donnaient l’impression d’être en été, au bord de la mer.


Lorsque j’ai repris mon travail, j’ai voulu remettre des pantalons, comme à mon habitude, d’autant que la douleur et même les tiraillements n’étaient plus que de vagues souvenirs et que les picotements qui me restaient ne me gênaient plus.


Seulement, j’ai imaginé les ravages que pourraient causer le frottement de l’entrejambe de mes pantalons sur mon clitoris en cours de cicatrisation et j’ai frémi.


Alors j’ai dérogé à toutes mes valeurs vestimentaires et j’ai décidé de poursuivre ma cure de jupes.


Debout devant ma penderie, j’ai découvert plusieurs choses.

D’abord, je n’avais pas beaucoup de jupes, à peine une dizaine. Et sur cette dizaine, très peu convenaient à mon environnement professionnel. Moi des jupes, je n’en achetais que pour buller l’été. Je n’ai même pas de tailleur, c’est dire à quel niveau je me situe.


Je passe sur le constat humiliant du nombre conséquent de jupes qui ne m’allaient plus. Vu que je ne les portais que rarement, et encore l’été, je ne me rendais évidemment pas compte qu’elles rétrécissaient (ma théorie est qu’une jupe qu’on ne porte pas est une jupe malheureuse. Et tout le monde sait qu’une jupe malheureuse rétrécit).


J’ai dû faire appel aux quelques robes de ville que je possède pour étoffer la pile des jupes mettables et pour ne pas porter la même chose tous les 3 jours.


Ensuite, j’ai réalisé à quel point il était dur de perdre mes automatismes. Combien de fois ai-je ouvert sereinement mon placard de gauche et saisi un pantalon en chantonnant avant de réaliser que ça n’allait pas être possible ? Combien de fois ai-je perdu le fil de mes idées devant mon placard de droite, toute troublée de n’y voir aucun pantalon ?


Très honnêtement, j’ai lutté pour me défaire de ce que j’ignorais être une addiction jusqu’à ce que je me trouve confrontée à cette nécessité de snober, pour un temps, mes pantalons adorés. Ca n’a pas été simple.


En plus, il a fallu que je revoie ma stratégie d’épilation puisque je ne pouvais plus cacher mes jambes.


Je bénis le hasard qui a fait que mon opération a eu lieu au printemps et non pas en hiver. Ainsi, je peux faire l’impasse sur les collants, bas et consort (d’autant que je suis épilée en permanence). Je ne sais pas pourquoi, ou plutôt si, je sais pourquoi, mes collants ne survivent pratiquement jamais à une rencontre malencontreuse avec mes ongles. Si je me faisais des manucures un peu plus souvent aussi, mes ongles seraient moins déchiquetés et mes collants auraient la paix.


Mais bon, c’est l’été alors pas de collants. Même si parfois, par grand vent ou par temps de pluie, j’ai froid, voire très froid. Ce n’est pas trop grave car, voyez-vous, j’habite à Paris. Ce qui implique que le temps que je passe à l’air libre est plus que limité (vive les transports en commun). Alors je serre les dents, mon pull et mes jambes et je hâte le pas. Et le froid est supportable.


En plus, il y a ces regards flatteurs. Je n’avais jamais réalisé à quel point on pouvait avoir du succès en jupe. Même avec des cernes, plein de boutons (vive le printemps) et même pas de décolleté. C’est plutôt agréable, je dois dire.


Mon chéri approuvant très lourdement ma décision de porter des jupes, j’envisage d’en acheter un paquet pendant les soldes.


Mon Dieu, je ne me reconnais plus.


C’est fou l'effet que me ça me fait. Parce que forcément, ça adoucit de porter une jupe. En tout cas, ça a un effet drôlement calmant sur moi. Je n’étais pas masculine au départ, loin s'en faut même, mais à la vitesse à laquelle je m’habitue aux jupes, je vais me transformer en femme fatale sans avoir eu le temps de dire ouf. Si ça se trouve, je vais bientôt me passionner pour les chaussures à talons.


Mon Dieu!


Enfin bon, ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est que ce n’est pas si difficile de porter des jupes, finalement.

Toutefois, le naturel revenant au galop, même si on l’envoie paître, j’ai essayé mon jean le plus large hier soir. Juste histoire de faire un point sur mes possibilités vestimentaires.


Ca a fort bien commencé. Je suis arrivée à fermer les boutons et à faire plusieurs pas sans aucun problème.


Ce n’est qu’en m’asseyant que je me suis rendue compte que je n’étais pas près de remettre mes jeans chéris. Ils ne sont toujours pas du tout bien vécus par ma zone en convalescence. Qui s’est empressée de protester par un douloureux inconfort. Après ça, même debout, le charme était rompu. J’avais envie de tirer sur l’entre-jambe de mon jean et même de le tenir comme ça en permanence, entre deux doigts. Malheureusement, ce n’est pas classe du tout et en plus, ça occupe une main à plein temps.


Je suis donc sagement retournée à mes jupes.


Je vais patienter encore un peu, en espérant que je ne vais pas attraper une bronchite, une laryngite ou je ne sais quoi, à me promener comme ça, les jambes nues alors qu’il ne fait même pas 20 degrés…

14 commentaires:

Fyfe a dit…

Wouah, alors une fois de plus, je te vénère, parce que les jupes et moi on est pas trop copines (elles montrent mes mollets, les folles !! J'te jure !!)
(j'adore ta théorie et j'ai plein de fringues malheureuses dans mon placard je crois ;-) )

Elté a dit…

C'est génial! Si peu de femmes mettent régulièrement des jupes, c'est super que tu t'y remettes (je devrais en prendre de la graine d'ailleurs). C'est vrai qu'on se sent tout de suite féminine en jupe, ne serait-ce que dans le maintien qu'on peut avoir: fini la lecture du journal dans le métro les jambes écartées :-)
Jupes, minou tout neuf (excuse moi l'expression, j'adore ce mot), et que lis-je?? bientôt des talons!? Oooooh mais je crois que tu vas faire des envieux cet été :-) :-) Ah moi j'dis qu'on ne cherche pas assez à être séduisant dans la vie de tous les jours, tant mieux si tu reprends de bonnes habitudes. De mon côté, je vais quand même attendre quelques dizaines de degrés supplémentaires :-)

nanou a dit…

salut
je te laisse l'adresse d'un forum sympa qui vient d'etre crée http://just-for-girls.exprimetoi.net. C'est un forum de filles, on y parles de ces gouts, de plein de trucs de filles...

voila peut etre a+ sur le forum
bisous

Cely a dit…

Géniale ta théorie des jupes malheureuses, ça explique bcp de choses ! Et ça marche pour les pantalons aussi ?

Moi aussi j'ai redécouvert les jupes, que j'avais mises de côté pour cause de... de je sais pas trop en fait, et que je ressors parce que, incroyable, elles s'accordent mieux avec mon amas pondéral fessier...

Heureuse que tu te sentes à l'aise dans te "nouvelle" garde robe ! Je te souhaite donc des soldes pleines de jupes, robes, jupons !

Mlle Crapaud a dit…

Mortelle, ta théorie des jupes malheureuses!!! :P Personnellement, je suis fan des jupes, j'en porte le plus souvent possible. Ce n'est pas venu naturellement, non non, c'est simplement qu'il y a peu, j'étais fauchée, et dans l'espace de trois semaines j'avais déchiré trois pantalons, ce qui restreignait BEAUCOUP le choix à ce niveau-là. :D

Hélène a dit…

"tout le monde sait qu’une jupe malheureuse rétrécit" : j'aime beaucoup ! ;-))

Nono a dit…

Coucou Papillon !

Moi aussi j'ai fait ce même constat sur l'idée de la jupe qui rétrécit quand on ne la met pas pendant lontemps, je l'ai même d'ailleurs généralisé à l'ensemble de ma garde robe !
Mais c'est vrai que finalement c'est un bon moyen de remplir sa garde robe de jupes et de robes ! Moi non plus je ne suis pas très jupes ni robes sur mon lieu de travail, mais des fois je me force.

Il m'arrive la veille de me dire "demain je mets une jupe", ce que je fais le lendemain, juste avant d'enfiler un pantalon après m'être regardée dans le miroir. Non pas que ce soit si moche, mais juste que je n'ai pas l'habitude d'être en jupe sur mon lieu de travail.

Mais quand on n'a pas le choix comme toi, on s'y colle. Et finalement c'est un bien pour bien !

Bisous.

papillon a dit…

Mais Fyfe, il y a aussi des jupes longues, tu sais? Bon, ok, pour l’été, ça ne donne pas vraiment envie. M’enfin, vu l’été qu’on est en train de vivre, ça mérite quand même réflexion, je trouve.

Ouh là là Elté, attention, hein? Les talons c’est autre chose que les jupes. Il se trouve que j’ai une inaptitude congénitale à marcher sur des chaussures à talons. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai une démarche vraiment pas terrible (bien que je m’applique à y aller franchement et à poser le talon avec confiance comme j’ai lu chez Hélène qu’il fallait faire). J’ai entendu quelque part une théorie qui dit que debout, si l’on se met sur la pointe des pieds et qu’on fait quelques pas comme ça (histoire de trouver son équilibre), la hauteur qui sépare le talon du sol est la hauteur maximale de talons qu’on peut se permettre de porter sans douleur. Et bien, j’ai fait le test et je peux te dire que mes talons sont à peine à 3 cm du sol. Alors bon, tu vois, ce n’est pas gagné du tout.

Hello Nanou ! Merci beaucoup pour cette adresse. Je sens que je vais y apprendre plein de choses !

Cély, je pense que la théorie du malheur qui fait rétrécir s’applique en fait à tous les habits parce que j’ai déjà constaté ce phénomène avec des jeans que je n’avais pas mis depuis au moins 4 ans et qui ont carrément fait une dépression. Je ne passais même plus les cuisses.
As-tu remarqué toi aussi qu’en fait, on peut être à l’aise dans une jupe? Ca laisse plus de liberté en fait. Je me demande même si je ne vais pas commencer une collection de jupes …

Mlle Crapaud, tu confirmes donc qu’on peut devenir fan des jupes ? Mais en combien de temps ? Et des pantalons, tu en mets quand même parfois ou l’affaire du triple décès t’a trop marquée ?

J’ai bien étudié la question Hélène et je suis sûre qu’il n’y a pas d’autres explications possibles :)))

Nono, il faut zapper la case « miroir » si tu veux tenir le coup et sortir de chez toi avec la jupe! Sinon, c’est clair que c’est mort… Et là, depuis le début de ta grossesse, tu préfères les pantalons ou les jupes ?

champignon a dit…

Je suis nul!!:
Ca fait un mois que je te vois en jupe... et me suis tout au plus dis: "Tien qu'est ce qu'il lui prends subitement de se mettre en jupe".
J'étais même pas loin de dire : «Zut de zut, suffit qu'on travaille plus ensemble pour qu'elle mette des jupes, elle le fait exprès » (A savoir qu'on travaillait ensemble et que papillon a de jolies jambes).
Je n'ai même pas pensé que tu pouvais avoir mal... Je ne sais pas si je vais mériter longtemps le grade de « meilleur amis » dans ce blog si je continue comme ça....
Je vais me trouver une excuse en disant « c'est une affaire de filles je peux pas comprendre » mais c'est sans conviction.

Nono a dit…

L'épisode de ma grossesse vient de prendre fin tragiquement. J'en parle sur le blog. J'essaie de regarder devant, mais ce n'est pas évident.

Elté a dit…

Papillon, j'ai entendu parler de cette technique du pas assuré (p'têt' même que c'était chez Hélène d'ailleurs). Mais mais mais... j'y arrive pas non plus.
Je vais mesurer mon potentiel centimétrique de talon de ce pas, ça c'est une vachement bonne idée, et tant pis pour toutes les jolies chaussures que j'ai déjà achetées, snif.

papillon a dit…

Champignon, tu n'avais pas compris ma soudaine «passion» pour les jupes? Eh bien bravo Monsieur! Je ne te félicite pas! Toi qui d’ordinaire es si perspicace. Bon, ça passe pour cette fois mais fais gaffe, hein ?

Nono, je suis infiniment désolée pour toi. Infiniment…. Je t’embrasse fort.

Alors là, tu me rassures Elté. J’avais peur d’être la seule à ne pas y arriver. Si tu me dis que c’est dur pour toi aussi, c’est peut-être bien que c’est difficile tout court...

Mlle Crapaud a dit…

Oui oui je confirme : on peut devenir jupophile très vite, et le premier pas est rapide. La dépendance est difficile à cerner. Je mets encore des pantalons de temps en temps, mais je m'y sens vite à l'étroit. Je préfére les jupes, plus seyantes. Mais suite au triple décès, j'ai écumé les boutiques (dans mon langage, ça veut dire que trois ou quatre fois je suis entrée dans un magasin), et j'ai trouvé THE jean. Tu sais, THE pantalon trop beau dans lequel tu ressembles à un top model qu'est même pas sur les podiums parce qu'il est tellement beau qu'il éblouirait tout le monde ? Donc, voilà, après ce coup de foudre pantalonesque, j'ai presque laissé tombé mes jupes. Sauf que maintenant je suis accro à mes jambes. J'aime bien les laisser respirer. Et j'ai une passion secrète : les mini jupes, tu sens le vent et c'est géééénial ^^

papillon a dit…

Je crois bien que je deviens accro Mlle Crapaud :)